
Dr Patricia GRANDCOIN
Chirurgie digestive et viscérale
Clinique les Fontaines-Melun
Seine et Marne

Hémorroïdes


En résumé:
Les hémorroïdes sont des structures vasculaires normales situées dans le canal anal et l'anus, qui deviennent pathologiques lorsqu'elles se dilatent et s'enflamment.
Vous pouvez consulter les informations officielles de l'Assurance Maladie pour en savoir plus sur la pathologie.
Définition et types
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Hémorroïdes internes : situées sous la muqueuse du rectum, invisibles de l'extérieur sauf en cas de prolapsus (quand elles sortent de l'anus).
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Hémorroïdes externes : situées sous la peau autour de l'ouverture anale.
Symptômes fréquents
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Saignements : traces de sang rouge vif sur le papier toilette ou dans la cuvette lors des selles.
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Douleurs et thrombose : apparition brutale d'une petite boule bleue très douloureuse (caillot de sang) en cas de thrombose externe.
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Gêne et démangeaisons : sensation de pesanteur, prurit ou irritation locale.
Facteurs favorisants
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Constipation : efforts de poussée prolongés et station assise excessive aux toilettes.
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Grossesse : variations hormonales et pression accrue sur la zone pelvienne.
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Hygiène de vie : alimentation pauvre en fibres ou manque d'hydratation
Le traitement des hémorroïdes repose sur des mesures d'hygiène, des médicaments pour la douleur et, si besoin, des interventions médicales ou chirurgicales. Vous pouvez consulter les recommandations officielles sur Ameli pour plus de détails.
Traitements médicaux et locaux
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Antalgiques : Prenez du paracétamol pour calmer la douleur.
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Traitements locaux : Appliquez des crèmes, des pommades ou des suppositoires pour apaiser l'inflammation et les démangeaisons.
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Veinotoniques : Utilisez des médicaments par voie orale pour améliorer la circulation sanguine, bien que leur efficacité reste parfois discutée.
Règles hygiéno-diététiques
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Alimentation : Mangez plus de fibres (légumes, fruits, céréales complètes) pour éviter la constipation.
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Hydratation : Buvez au moins 1,5 litre d'eau par jour.
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Habitudes : Évitez de pousser trop fort ou de rester assis trop longtemps aux toilettes.
Interventions et chirurgie
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Traitements instrumentaux : La sclérose ou la ligature peuvent être pratiquées par un médecin en cas de persistance des symptômes.
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Chirurgie : Une intervention chirurgicale ou une embolisation est envisagée si les autres solutions échouent ou en cas de formes graves

Qu'est-ce que les hémorroïdes ?
Les hémorroïdes sont des dilatations anormales des veines du rectum ou de l’anus, similaires à des varices.
Sources d’une congestion circulatoire locale, elles n’ont pas toujours de cause identifiée, mais sont indéniablement favorisées par une hyperpression veineuse comme on en voit par exemple au cours de la grossesse ou de la constipation chronique.
Situées sous la muqueuse du canal anal, il en existe deux types :
• les hémorroïdes externes, à la jonction avec la peau qui entoure l’anus, elles sont alors visibles sous la forme de tuméfactions bleutées plus ou moins sensibles.
• les hémorroïdes internes, plus haut placées juste sous le rectum, elles ne deviennent visibles que si elles s’extériorisent mais sont le plus souvent révélées par des saignements.
On distingue habituellement quatre grades d'hémorroïdes internes selon l'importance du prolapsus :
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Grade I : pas de prolapsus extérieur ;
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Grade II : prolapsus lors des efforts, se réduisant spontanément ;
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Grade III : prolapsus nécessitant une réduction manuelle ;
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Grade IV : prolapsus permanent ne pouvant pas être réduit.
Le traitement est adapté aux symptômes et au grade des hémorroïdes.
Quels sont les symptômes ?
Les symptômes les plus fréquents sont :
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des saignements rouges lors ou après les selles ;
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une sensation de pesanteur ou de gêne anale ;
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un prolapsus ou une « boule » sortant par l'anus ;
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des démangeaisons ou une irritation ;
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des suintements ou une sensation d'humidité ;
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des douleurs, notamment en cas de thrombose hémorroïdaire externe.
Les saignements hémorroïdaires sont généralement rouges et surviennent au moment des selles.
Cependant, tout saignement anal ne doit pas être attribué automatiquement aux hémorroïdes. Un examen médical peut être nécessaire afin d'éliminer une autre cause.
Quand consulter ?
Une consultation est recommandée en cas de :
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saignements anaux répétés ;
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prolapsus ou boule anale ;
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douleurs importantes ou persistantes ;
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symptômes récidivants malgré les mesures simples ;
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modification récente ou inhabituelle des symptômes.
Une douleur anale brutale et intense peut notamment correspondre à une thrombose hémorroïdaire externe et justifie une consultation rapide.
Un saignement abondant, persistant ou associé à un malaise nécessite également une évaluation médicale rapide.
Quelles en sont les conséquences ?
Evoluant généralement par poussées, les hémorroïdes sont en rapport avec la congestion du tissu veineux, éventuellement favorisée par une cause locale ou générale :
• sensation de brûlure, de démangeaison ou d’inconfort lors de la selle
• protubérance à l’anus plus ou moins douloureuse, sensation de bombement dans le canal anal
• saignements durant la défécation, visibles sur le papier hygiénique ou dans la cuvette autour de la selle
• suintements de mucus, variables en fonction de la localisation des lésions, ils dépendent également de l’ancienneté et de l’évolution de la pathologie.
Quel en est le traitement des hémorroïdes?
La plupart des poussées symptomatiques répondent rapidement au traitement médical et se résorbent en une dizaine de jours. Elles auront cependant tendance à réapparaitre, à fortiori si la cause favorisante n’est pas identifiée ni corrigée.
L’importance des symptômes, leur récurrence et leur retentissement sur l’état général ou dans le quotidien vont être à l’origine d’un recours à différentes options thérapeutiques au fil de l’évolution.
L’inefficacité des traitements médicaux, éventuellement associés à des procédures locales d’injections sclérosantes ou de ligatures élastiques, peut amener à envisager un traitement chirurgical radical des hémorroïdes.
Deux techniques opératoires sont largement répandues :
• le LONGO ou anopexie circulaire, qui consiste à sectionner les veines à leur origine endo-rectale et à obtenir ainsi leur assèchement et leur rétraction.
• le MILLIGAN-MORGAN ou résection en trois paquets, qui consiste à pratiquer une ligature haute et une ablation complète des hémorroïdes.
Ces deux procédures sont généralement réalisées sous anesthésie générale au cours d’une hospitalisation de deux à trois jours ; avantages, inconvénients et spécificité de chacune sont exposés en consultation.
Complications opératoires de la chirurgie hémorroidaire
• immédiates : hémorragie le plus souvent minime mais pouvant très rarement nécessiter une reprise chirurgicale
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à distance : exceptionnellement sténose cicatricielle du canal anal
Quelle anesthésie ?
L'hémorroïdectomie peut être réalisée sous anesthésie générale ou locorégionale, notamment sous rachianesthésie, selon la technique choisie et le contexte.
La consultation d'anesthésie permet d'évaluer votre état de santé, vos antécédents, vos traitements et les éventuels facteurs de risque.
Combien de temps dure l'intervention ?
Une hémorroïdectomie dure généralement environ 30 à 60 minutes, selon le nombre de paquets hémorroïdaires traités et la technique utilisée.
La durée totale de présence à la clinique est plus longue et comprend la préparation, l'anesthésie, le réveil et la surveillance postopératoire.
Peut-on être opéré en ambulatoire ?
Oui.
Une hémorroïdectomie peut, dans de nombreuses situations, être réalisée en chirurgie ambulatoire.
Le patient arrive le jour de l'intervention et peut regagner son domicile après quelques heures de surveillance lorsque les conditions médicales sont satisfaisantes.
La sortie dépend notamment du contrôle de la douleur, de l'absence de saignement anormal, de la reprise des mictions et de l'état général.
Une personne accompagnante est généralement nécessaire pour le retour à domicile après une anesthésie.
Quelle convalescence ?
La convalescence après une hémorroïdectomie est généralement plus longue que celle d'une chirurgie abdominale mini-invasive.
Les premiers jours peuvent être marqués par des douleurs anales, notamment lors des selles. Ces douleurs diminuent progressivement au cours des semaines suivantes.
Des petits saignements ou suintements peuvent également survenir pendant la période de cicatrisation.
Le traitement postopératoire comprend généralement des antalgiques adaptés, des mesures permettant de maintenir des selles souples et des soins locaux selon les recommandations du chirurgien.
Il est important d'éviter la constipation et les efforts de poussée.
La reprise du travail dépend du métier exercé et de l'intensité des symptômes postopératoires.
Quand reprendre le sport ?
La reprise doit être progressive.
La marche est encouragée dès les premiers jours, selon la douleur.
Les activités physiques légères peuvent être reprises progressivement lorsque la gêne diminue.
Pour les sports nécessitant des efforts importants, le port de charges lourdes ou une forte sollicitation abdominale, la reprise est généralement différée de plusieurs semaines.
La reprise du vélo peut être particulièrement inconfortable au début en raison de la zone opérée.
Les consignes sont adaptées à votre évolution postopératoire et à votre activité sportive.
Quand consulter après l’intervention ?
Une consultation postopératoire permet de contrôler la cicatrisation et la récupération.
Une douleur, de petits saignements et une gêne lors des selles sont fréquents après une hémorroïdectomie et diminuent progressivement.
Il faut en revanche consulter rapidement en cas de :
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saignement abondant ou persistant ;
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douleur très importante malgré le traitement antalgique ;
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fièvre ;
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difficulté importante ou impossibilité d'uriner ;
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gonflement important ;
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écoulement purulent ;
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altération de l'état général.
À retenir
Les hémorroïdes sont fréquentes et ne nécessitent pas toujours une intervention chirurgicale.
Lorsque les symptômes sont importants ou qu'il existe un prolapsus hémorroïdaire significatif, une intervention peut être proposée. L'hémorroïdectomie de Milligan-Morgan reste une technique de référence pour certaines formes d'hémorroïdes avancées.
La consultation chirurgicale permet de préciser le type et le grade des hémorroïdes et de déterminer avec vous le traitement le plus adapté.
Un examen proctologique permet de confirmer le diagnostic et de rechercher une autre cause en cas de saignement ou de symptômes inhabituels.