
Dr Patricia GRANDCOIN
Chirurgie digestive et viscérale
Clinique les Fontaines-Melun
Seine et Marne

Hernie inguinale
En résumé
Le traitement principal et définitif d'une hernie inguinale est la chirurgie, qui consiste à remettre le contenu de la hernie dans l'abdomen et à renforcer la paroi affaiblie.
Les techniques chirurgicales
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La cœlioscopie : Opération par de petites incisions avec une mini-caméra, sous anesthésie générale. C'est souvent la première méthode proposée car la récupération est rapide.
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La laparotomie (chirurgie ouverte) : Incision plus large au niveau de l'aine, réalisée sous anesthésie locale, locorégionale ou générale. La méthode de Lichtenstein utilise un filet prothétique pour consolider la zone sans tension.
Déroulement et suivi
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Hospitalisation : L'intervention se pratique le plus souvent en ambulatoire (sortie le jour même).
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Convalescence : Une suspension des efforts intenses et des sports est recommandée pendant 3 à 4 semaines. L'arrêt de travail varie selon l'activité professionnelle (plus court pour un travail sédentaire, plus long pour un travail physique)

Hernie inguinale : symptômes, diagnostic et traitement
La hernie inguinale est une affection fréquente correspondant au passage d’une partie de l’intestin ou d’un tissu abdominal à travers une zone de faiblesse de la paroi abdominale au niveau de l’aine.
Elle peut être présente depuis longtemps et devenir progressivement plus visible ou plus gênante. Lorsqu’elle est symptomatique, une intervention chirurgicale peut être proposée afin de traiter la hernie et de limiter le risque de complication.
Qu’est-ce qu’une hernie inguinale ?
Une hernie inguinale apparaît lorsqu’un tissu situé dans l’abdomen passe à travers un orifice ou une zone de faiblesse de la paroi abdominale au niveau de l’aine.
Elle se manifeste généralement par une boule ou une tuméfaction dans l’aine, parfois jusque dans la bourse chez l’homme.
La hernie peut être plus visible en position debout, lors de la toux, d’un effort ou du port de charges. Elle peut parfois disparaître spontanément en position allongée.
Quels sont les symptômes ?
Une hernie inguinale peut être totalement indolore.
Lorsqu’elle devient symptomatique, elle peut provoquer :
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une boule ou une tuméfaction dans l’aine ;
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une sensation de pesanteur ou de tiraillement ;
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une douleur à l’effort, à la marche ou lors du port de charges ;
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une gêne lors de la toux ou des mouvements ;
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parfois une douleur irradiant vers le bas-ventre ou les bourses.
L’importance des symptômes n’est pas nécessairement proportionnelle à la taille de la hernie.
Quand consulter ?
Une consultation chirurgicale est recommandée en cas de boule persistante dans l’aine, de douleurs ou de gêne lors des activités quotidiennes ou sportives.
La consultation permet de confirmer le diagnostic et d’évaluer la nécessité d’une intervention.
Une hernie qui devient brutalement très douloureuse, dure et ne rentre plus dans l’abdomen doit faire consulter rapidement, notamment si elle s’accompagne de nausées, vomissements ou d’un arrêt des gaz et des selles.
Comment se déroule l’intervention ?
Le traitement chirurgical consiste à réintégrer la hernie dans l’abdomen et renforcer la paroi abdominale.
Dans la majorité des cas, un renforcement prothétique (« filet ») est utilisé afin de diminuer le risque de récidive.
Deux principales techniques peuvent être proposées :
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la chirurgie ouverte, avec une incision au niveau de l’aine ;
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la chirurgie cœlioscopique, réalisée par plusieurs petites incisions abdominales.
Le choix de la technique dépend notamment du type de hernie, de son caractère uni- ou bilatéral, des antécédents chirurgicaux et du contexte du patient.
Cœlioscopie ou chirurgie ouverte ?
La chirurgie ouverte permet de traiter la hernie par une incision située au niveau de l’aine. Elle peut être réalisée sous anesthésie générale ou, dans certaines situations, sous anesthésie locorégionale.
La cœlioscopie utilise plusieurs petites incisions abdominales et permet de placer la prothèse derrière la zone de faiblesse de la paroi.
La cœlioscopie peut notamment être intéressante en cas de hernie bilatérale ou de récidive après une chirurgie ouverte.
Le choix de la technique est discuté avec le chirurgien lors de la consultation préopératoire.
Quelle anesthésie ?
La technique d’anesthésie dépend de la méthode chirurgicale retenue et de votre état de santé.
La cœlioscopie est habituellement réalisée sous anesthésie générale.
La chirurgie ouverte peut être réalisée sous anesthésie générale ou sous anesthésie locorégionale selon les situations.
La consultation d’anesthésie permet d’évaluer les antécédents, les traitements et les éventuels facteurs de risque avant l’intervention.
Combien de temps dure l’intervention ?
Une cure de hernie inguinale dure généralement environ 30 à 60 minutes, selon la technique utilisée et la complexité de la hernie.
La durée totale de présence à la clinique est toutefois plus longue, car elle comprend la préparation avant l’intervention, le réveil et la surveillance postopératoire.
Peut-on être opéré en ambulatoire ?
Oui.
Dans la majorité des situations, une cure de hernie inguinale peut être réalisée en chirurgie ambulatoire : entrée dans l’établissement le jour de l’intervention et retour à domicile le jour même.
La sortie est décidée après vérification de la récupération postopératoire, de l’absence de complication immédiate et de la possibilité de regagner son domicile dans de bonnes conditions.
Une personne accompagnante est généralement nécessaire pour le retour à domicile après une anesthésie générale.
Quelle convalescence ?
La récupération est généralement progressive.
Une gêne ou une douleur modérée peut être présente les premiers jours, notamment lors des mouvements, de la toux ou du passage de la position allongée à la position debout.
La marche est encouragée dès les premières heures après l’intervention.
La reprise des activités quotidiennes dépend de la gêne ressentie et est généralement rapide. Il est recommandé d’augmenter progressivement l’activité plutôt que de rester au repos de façon prolongée.
La durée de l’arrêt de travail est adaptée au type d’activité professionnelle et à la technique chirurgicale.
Quand reprendre le sport ?
La reprise du sport doit être progressive et adaptée à la technique utilisée et à votre récupération.
La marche et les activités légères peuvent généralement être reprises rapidement.
Pour les activités sportives plus intenses ou nécessitant des efforts importants de la sangle abdominale, la reprise est généralement différée de quelques semaines.
La reprise doit se faire progressivement, sans déclencher de douleur importante.
Votre chirurgien vous donnera des consignes personnalisées en fonction de votre intervention et de votre activité sportive.
COMPLICATIONS:
Les complications sont rares:
- hématome local,
- infection locale (moins de 1% en technique « ouverte », quasi-nul en cas de cœlioscopie),
- douleurs locales persistant quelques semaines ou mois (environ 1%).
- Plus exceptionnelle encore (2 à 3 pour 1000 opérations), une phlébite du cordon spermatique, thrombose de la veine du testicule, qui peut résulter en une atrophie testiculaire. Son risque est d'autant plus élevé que la hernie est plus volumineuse, descendant dans la bourse, nécessitant une dissection étendue, ou qu'il s'agit d'une récidive, de dissection toujours plus délicate.
- La réalisation d’une cœlioscopie expose a des complications rarissimes mais potentiellement graves : perforation d’intestin, plaie vasculaire et embolie gazeuse.
La cœlioscopie a 2 particularités post-opératoires :
§ la survenue fréquente d’hématomes sous-cutanés. Ils se constituent entre J1 et J4, peuvent s’étendre aux bourses et même à la verge. Ils ne nécessitent aucun traitement spécifique, disparaissent toujours en moins d’un mois sans conséquence fonctionnelle
§ la survenue d’un « sérome » : il s’agit d’une « boule » dure, en lieu et place de l’ancienne hernie, pouvant même faire penser que la hernie a récidivé. Ce sérome correspond à un épanchement de liquide dans l’ancienne zone occupée par la hernie et survient dans presque 30% des cas. Il ne nécessite aucun traitement et disparait en plusieurs semaines.
- Quelle que soit la technique utilisée, à distance, après plusieurs mois, la persistance de douleurs inguinales est observée chez environ 1% des opérés. Elles sont rarement le fait d'une complication locale, plus souvent liée à une pathologie musculo-tendineuse pré existante (tendinite). Enfin, les récidives de hernies sont rares, surtout après utilisation de prothèses. Leur fréquence varie de 0.1 à 3% à 3 ans. Elles seraient liées à une rétraction secondaire de la prothèse. Leur traitement est plus délicat.
Quand consulter après l’intervention ?
Une consultation postopératoire permet de vérifier la cicatrisation et la récupération.
Il est normal de constater pendant les premiers jours une douleur modérée, un gonflement local ou un petit hématome.
En revanche, il faut consulter rapidement en cas de :
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douleur importante ou croissante malgré les antalgiques ;
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fièvre ;
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rougeur ou écoulement au niveau des cicatrices ;
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gonflement important ou rapidement croissant ;
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vomissements persistants ;
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difficulté importante à uriner ;
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altération de l'état général.
Une petite induration ou une sensation de tension au niveau de la zone opérée peut persister plusieurs semaines et ne signifie pas nécessairement que la hernie est récidivée.
À retenir
La hernie inguinale est fréquente et son traitement est aujourd’hui bien codifié. Lorsqu’une intervention est indiquée, la chirurgie permet de réparer la zone de faiblesse et de reprendre progressivement une vie quotidienne et sportive normale.
Une consultation chirurgicale permet de confirmer le diagnostic, d’évaluer les symptômes et de choisir avec vous la technique opératoire la plus adaptée.


